Handicap : Rennes Métropole s’engage pour la mobilité

Société

Handicap : Rennes Métropole s’engage pour la mobilité

Malgré de nombreuses législations, l’inclusion des personnes à mobilité réduite dans l’aménagement urbain reste lacunaire en France. Les élus en charge de la mobilité dans la métropole rennaise travaillent sur la question.

Bureau Star Rennes

L’agence STAR de Rennes Métropole sur la place Sainte-Anne / Crédit: Maëlle Couillard 

L’accueil enthousiaste des Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris à l’été 2024 a permis de mettre en lumière les difficultés que rencontrent les personnes porteuses de handicap. Après la « magie des Jeux », c’est le désenchantement pour les 7 millions de français pour qui se déplacer peut se révéler être un défi de chaque jour. 

La mobilité est pourtant un droit essentiel à la vie sociale, comme l’affirment les différents textes législatifs adoptés sur la question, et notamment le Code des transports : “L’organisation des mobilités sur l’ensemble du territoire doit rendre effectif […] le droit qu’a toute personne, y compris celle dont la mobilité est réduite ou souffrant d’un handicap, de se déplacer “. 

Si Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, s’est lancée dans l’objectif “métro pour tous » d’ici à 2045, le réseau Star de la métropole de Rennes est 100% accessible aux personnes à mobilité réduite, et ce, depuis 2015. En complément des 1207 arrêts de bus aménagés, la métropole propose également le service Handistar, qui permet à quelque 1750 usagers de se déplacer de porte-à-porte, sur réservation. 

“Tous les services se complètent”

Au total, ce sont plus de 95 000 voyages qui sont effectués chaque année par le service Handistar, ce qui atteste du succès de ce dispositif, selon Matthieu Theurier, délégué à la Mobilité et aux transports de Rennes Métropole. 

“La métropole a repris le service Handistar en 1996 à la demande des associations qui s’en chargeaient jusqu’alors, dans un souci de cohérence, pour que tous les services se

complètent », explique-t-il. « Et la métropole propose tout un tas d’autres dispositifs que nous avons développés en concertation avec Handicap 35 et SOS Handicap. “ 

En effet, à Handistar s’ajoute Handimap, un GPS conçu pour les personnes porteuses de handicap, intégré à l’application Star, qui calcule les itinéraires en prenant en compte les obstacles présents. La métropole a également investi dans un système inédit en France, qui permet de détecter la carte de transport des personnes dans l’incapacité de badger par-eux même sur les bornes. Enfin, depuis trois ans, un accompagnement dans les transports à la demande est possible, avec le dispositif « Star me guide ». Le Grand Prix Star récompense chaque année les initiatives solidaires.

Des pistes d'amélioration

Des dispositifs insuffisants et incomplets selon certains usagers à mobilité réduite. Élise, 45 ans, usagère d’Handistar, déplore la dégradation du service, notamment à cause de la hausse des demandes. “Même en réservant parfois 15 jours à l’avance, on arrive à être en liste d’attente et à être refusé la veille. Je me retrouve quasi systématiquement sur liste d’attente, c’est compliqué, surtout quand on n’est prévenu que la veille.” 

Catherine, 56 ans, atteinte de la myopathie de Duchenne et reconnue handicapée à 80 %, regrette quant à elle un aménagement urbain inadapté. “Le centre-ville de Rennes est pavé de partout, ce n’est pas adapté à tout le monde. Ma canne bute souvent entre deux pavés. » 

Sur ce point, Matthieu Theurier regrette un problème de patrimoine esthétique. “Malheureusement nous avons une obligation d’harmonie architecturale, dans le centre-ville. On nous impose de conserver les pavés royaux, alors on fait avec. Il y a des pistes d’amélioration, c’est certain.” 

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