Rencontre-débat avec Sandrine Rousseau : « Nous sommes en train de gagner et nous ne le savons même pas. »

Politique

Rencontre-débat avec Sandrine Rousseau : « Nous sommes en train de gagner et nous ne le savons même pas. »

À l’occasion de la parution de son essai Ce qui nous porte, Sandrine Rousseau faisait un passage au café associatif Le Quartier Généreux, vendredi 14 mars, pour une discussion autour de l’urgence écologique, économique, sociale et politique.

Sandrine Rousseau en rencontre-débat

Sandrine Rousseau au Quartier Généreux. © Laurène Bruncher

« Je suis impressionnée » sont les premiers mots de la députée écologiste de Paris alors qu’elle pousse la porte du petit café associatif, qui fait particulièrement salle comble ce vendredi. Elle apparaît dans une tenue sobre – pull et pantalon blancs, foulard coloré – parfaitement adaptée à l’ambiance tamisée et intimiste du petit Quartier Généreux. Sandrine Rousseau prend place au-devant d’une quarantaine de personnes mêlant bénévoles, journalistes et curieux, prêts à se marcher dessus pour une heure d’échanges brefs.

Défendre une vision progressiste de la société

Avec aisance et humour, la docteure en économie n’a pas tardé à donner une tournure de campagne politique à sa conférence, en présentant un message d’encouragement profond : « Nous sommes en train de gagner et nous ne le savons même pas. » Si la remarque a provoqué un murmure mêlant étonnement et rires dans l’assemblée, la députée a maintenu le cap vers un optimisme débordant, indiquant que le racisme diminuait concomitamment à la montée du féminisme et de la pensée écologique. De quoi en laisser certains sceptiques face à elle. « La société française est bien plus progressiste que le monde politico-médiatique veut bien nous le faire croire », se justifie-t-elle. Une vision utopique, mise en cause par la superficie des salles exiguës qui accueillent la députée aux quatre coins de la France. 

Revenant du Corum où se tenait une réunion publique autour de la commission d’enquête relative aux violences dans les milieux cinématographiques et audiovisuels, Sandrine Rousseau adopte ici un ethos professoral. Devant un public majoritairement jeune, la rencontre a naturellement débuté par la mise en contexte des Trente Glorieuses, et par la déconstruction du mythe qui les idéalisent.

Sortir les biens essentiels du marché

Si l’atmosphère détendue et en petit comité promet plus de naturel, la spontanéité de l’élue se base sur ses phrases punchy comme « Arrêtons de vendre des chaudières, vendons un imaginaire. » Surtout, elle n’épargne personne, pas même Fabien Roussel et son barbecue. Elle accuse la gauche de trop penser croissance et redistribution, tandis que la droite se baserait sur la nostalgie ouvrière et sur la figure du bon immigré, qui travaille en laissant sa famille au pays. « On gagne à gauche si l’on propose autre chose », clame Sandrine Rousseau, alors qu’elle justifie l’idée première de son essai : « sortir de la sphère capitaliste des biens essentiels.» En d’autres termes : recréer du service public dans des secteurs primaires.

Aller à l'affrontement

Au programme de sa réflexion : effet Saint Brevin, élections américaines et sortie du marché. Tout converge vers le point culminant de la pensée qu’elle transmet actuellement sur les routes de France : se radicaliser pour gagner. « Parce que nous avons cette majorité, nous devons aller à l’affrontement », clame la députée, alors que l’exigence semble commander de rompre avec toute tiédeur pour rivaliser avec la tendance de l’extrême droite. Commentant le “féminisme mais pas trop” de Kamala Harris, elle relève la frilosité de la gauche pour fâcher et cliver, inhérente à la multiplication de manœuvres d’intimidation de l’extrême droite dont le maire de Saint Brevin faisait notamment les frais en 2023.

Attendue dès le lendemain à Perpignan, la députée conclut sur sa lancée de slogans politiques, justifiant résolument son tour de France par le besoin de faire prendre conscience « qu’on est majoritaires. C’est la clé de notre victoire demain. »

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