Montpellier : les artistes de rue à Comédie
A la mi-novembre, sur la place de la Comédie, musiciens et chanteurs d’horizons musicaux divers se partagent encore la scène, affrontant le temps froid par passion ou nécessité.

Marc Sugier, musicien, devant la fontaine des Trois Grâces. Photo : Laurène Bruncher
- parLaurène Bruncher
- publié le21 novembre 2024
Du blues d’un côté, de la pop anglaise de l’autre, les notes de musique cohabitent sans s’entrechoquer sur l’une des plus grandes places piétonnes d’Europe. A Montpellier, la place de la Comédie, bordée par le bruyant passage des tramways et surplombée de bâtiments au style haussmannien, assiste au passage de milliers de personnes chaque jour, souvent rythmé par l’œuvre des artistes de rue. Certains comme l’homme de bronze finissent même par faire partie du décor.
« Ça ajoute du romantisme »
En fin d’après-midi, Marc Sugier agite une dernière fois les cordes de sa guitare devant la fontaine des Trois Grâces. Autour de lui, les terrasses, encore bondées au début de l’hiver, ont le regard tourné vers lui.
Sur Calum Scott puis sur Birdy, avec un rythme lent et une ambiance d’automne dans la voix, il fait s’arrêter plus d’une trentaine de personnes, alors même que la température baisse soudainement, à l’instar des derniers rayons du soleil sur l’opéra et le cinéma Gaumont.
« Ça ajoute du romantisme » expliquent Marlène et Lysie, mère et fille en pleine session shopping. Le complimentant sur sa voix et sur son physique « mignon », elles rejoignent avec plaisir l’arc de cercle formé autour de Marc, qui danse timidement et chuchote les paroles des classiques britanniques.
Légereté et convivialité
« L’apparence, quand on chante dans la rue, c’est aussi important que notre voix » affirme Nico, un chanteur de variété française de l’autre côté de la place, alors qu’avec les doigts gelés il range sa sono dans son sac à dos.
Dans son sweat à capuche dont il tire les manches pour se réchauffer, il raconte avoir passé une bonne journée : « J’ai deux filles qui m’ont rejoint pour chanter. Puis un mec est arrivé et nous a accompagnés avec sa flûte ». Des expériences de légèreté et de convivialité que recherchent tous ceux qui prennent leur micro ou leurs instruments dans la rue.
Pour Nico, l’important c’est de voir les gens l’écouter, plus que la somme qu’il récolte à la fin. « C’est des petites pièces de toute façon. Bon, un jour j’ai quand même eu un billet de 10 euros » raconte-il.
Passion et nécessité
Pourtant, ce n’est pas qu’une passion pour lui, bien qu’il aime chanter « depuis toujours » et qu’il ait appris à jouer de la guitare lors d’un blocus de son lycée. Après plusieurs années de remise en question professionnelle, et une dépression assez sévère, le jeune homme d’à peine 30 ans est désormais au chômage. Se rendre à Comédie pour chanter représente donc l’opportunité d’un complément de revenus non négligeable.
Son objectif : réussir les auditions de The Voice de l’année prochaine. « Quand j’ai été recalé, je n’arrivais pas à croire que 70 personnes à Montpellier chantaient mieux que moi. Ça a été un déclic, depuis je ne fais presque plus de fausses notes. » Un avis partagé par Anthony, qui est resté dans le public improvisé de Nico jusqu’à la dernière chanson aujourd’hui pour venir le féliciter.
Pop et Blues cohabitent
A quelques mètres, les battements du Cajon aux tonalités de Flamenco s’accordent avec un son de blues venu du stick, deux instruments hors du commun que les artistes sont fiers de présenter, avant de repartir en improvisation, toujours à l’unisson.
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