Montpellier : poursuite de la lutte contre la précarité menstruelle
En 2021, la ville de Montpellier s’engageait aux côtés du Planning familial de l’Hérault pour mettre en place des distributions de protections périodiques. Aujourd’hui, associations et commerçants participent à la lutte contre la précarité menstruelle.
Hôtel de ville de Montpellier. Crédit : Björn S.
- parLaurène Bruncher
- publié le13 mars 2025
En cet hiver, de nombreuses associations se démènent une nouvelle fois pour fournir les personnes sans abri ou encore les étudiants et étudiantes : vous observerez les jeudis soirs des gilets bleus – comme les surnomment les personnes sans abri –, des maraudes très attendues de l’association Action froid Montpellier, qui mêlent alimentation et produits d’hygiène. Cet engagement est également pris par tout un réseau de commerces solidaires en ville. Récemment, le Carillon, un programme lancé par l’association La Cloche dans plusieurs villes de France, dont Montpellier, dévoilait un nouveau catalogue de commerces, bars et cafés proposant une panoplie de services gratuits aux personnes sans abri : recharger son téléphone, avoir un repas mais aussi avoir un accès aux toilettes. Une solution moins périlleuse que les toilettes publiques, nécessaire pour remédier à un manque de lieux intimes, comme l’expriment plusieurs femmes sans abri de Montpellier, habituées de ces associations. Elles soulèvent ainsi un problème concomitant du manque de lieux hygiéniques, celui de la précarité menstruelle.
« Se procurer des protections hygiéniques à chaque fin de mois »
Dans une vidéo type bande-annonce publiée en 2021 sur le site internet du Planning familial de l’Hérault, Fatma Nakib, adjointe à l’Égalité et au droit des femmes de la ville, annonçait un engagement de la ville de Montpellier pour lutter contre la précarité menstruelle. L’objectif : organiser des distributions de protections hygiéniques : « Dans cette ville, aucune femme n’aura à se poser la question de savoir comment elle va se procurer des protections hygiéniques à chaque fin de mois. Pour moi, c’est vraiment mesurer l’importance de l’impact d’une politique de ville », expliquait l’élue. Qu’en est-il de l’action de Montpellier contre la précarité menstruelle, qui touche encore près de 2 millions de personnes en France, selon le ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes ?
« Casser le tabou des règles »
Au programme de l’affiliation avec le Planning familial, la mise à disposition de protections périodiques de proximité, écologiques et saines, grâce aux collectes du Secours populaire et en raison d’une augmentation du budget de la ville cette année-là. Également mises en place, des réunions d’information pour « casser le tabou des règles » et évoquer la « santé sexuelle » annonçait Elsa Robert, coordinatrice du Planning familial de l’Hérault.
Si aujourd’hui la ville de Montpellier n’a pas voulu faire l’état de la situation, des chiffres datant de 2023 de l’association alliée comptabilisent encore 149 000 serviettes menstruelles mises à disposition gratuitement, contre 20 000 au début du projet. Pas de distributions annoncées sur les sites internet, mais des distributeurs permanents : au Centre communal d’action sociale (place Thermidor), sur le parking des Arceaux et à la Maison pour tous Léo-Lagrange. En comparaison, la ville de Nîmes a lancé cet hiver sa 4ᵉ campagne de collecte et de dons de produits hygiéniques, alors que la mairie indique que encore 10 000 femmes sont touchées par la précarité hygiénique sur le territoire nîmois, de quoi faire un parallèle avec Montpellier.




Add a Comment